Vous êtes ici

Pierre Dufourcet

Le 27 avril 1919, meurtri par la guerre 1914-1918, le Conseil municipal de Tarnos (Landes) vote l’édification d’un monument aux morts rendant hommage aux 121 soldats de la commune ayant perdu la vie lors de la Grande Boucherie. Le projet de M. Sarrail, de Biarritz, est retenu.

Pour financer le monument, une souscription est lancée auprès de la population.

Les inscriptions pacifistes font polémiques

Construit en 1921, le monument comportait à l’origine des inscriptions peintes en noir sur ses 4 faces :

  • Côté Ouest : « À ceux qui sont morts croyant défendre les belles vertus de la race humaine »
  • Côté Nord : « Les guerres n’ont jamais été que la misère des peuples. Souvenez-vous »
  • Côté Est : « L’humanité n’a qu’un chemin : la Paix »
  • Côté Sud : « Mère de famille, que l’avenir dans la paix nous réserve plus de gaieté »

Les accents pacifistes du monument qui y défient le pouvoir ne sont pas du goût de l’État. Par arrêté préfectoral, il est demandé au maire de Tarnos, Pierre Dufourcet, de supprimer l'inscription "À ceux qui sont morts croyant défendre les belles vertus de la race humaine" sous un délais de 8 jours. « Faute par lui de se conformer à cette prescription, il sera procédé d’office et aux frais de la commune à l’enlèvement de l’inscription incriminée », précise l’arrêté préfectoral en 1921.

Soutenu par le Conseil municipal, Pierre Dufourcet refuse d’obtempérer.

Le Conseil municipal de Boucau se déclare solidaire.

Le Maire Pierre Dufourcet destitué, les inscriptions effacées de force

Après une bataille politique et juridique, le Maire de Tarnos est suspendu par le Préfet des Landes en décembre 1923. De Dax, on envoie des ouvriers effacer, de nuit et protégés par la police, les inscriptions sur le monument.

Elles seront réinscrites par un anonyme en peinture rouge.

En février 1924, une nouvelle délibération du Conseil municipal tarnosien confirme symboliquement « le maintien des inscriptions sur le monument aux morts qui ont été enlevées contre sa volonté (...) et rejette la proposition de M. le Préfet.».