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L'église Saint-Vincent

L'église du bourg de Tarnos, ou église Saint-Vincent, est un monument original dont l'état actuel est le résultat de sa longue histoire.

Saint-Vincent

L'église porte le nom d'un diacre et martyr espagnol. Il serait mort à Valence en Espagne au IVe siècle après avoir subi la torture dans le cadre des persécutions commises par les Romains contre les chrétiens. Les miracles qui auraient accompagné son supplice ont conduit à faire de Vincent un saint populaire, dont le culte s'est largement répandu en Europe.

Une église dans l'histoire

La date de construction originelle de l'église du bourg ne nous est pas précisément connue. Historiens et architectes des monuments nationaux la situent au XIIe siècle. Depuis sa construction, l'église a été très fortement remaniée, notamment par l'architecte bayonnais Henri VANNETZEL, vers 1900-1901.
Loin de n'être qu'un simple édifice de culte de campagne, l'église de Tarnos était, au XIIIe siècle, une commanderie hôpital de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (appelé également Ordre des Hospitaliers), qui servait principalement à accueillir les pèlerins qui affluaient sur les routes en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Enfin, l'église se situe également au bord de l'ancienne Route royale. Elle reliait, jusqu'au XVIIIe siècle, Paris à Bayonne en passant par Bordeaux. Le « chemin de l'église » et le « chemin de Napoléon » en sont des vestiges.

Document des archives municipales de Tarnos mentionnant la vente du terrain sur lequel est bati l'église Saint-Vincent
Document des archives municipales de Tarnos mentionnant la vente du terrain sur lequel est bati l'église Saint-Vincent

Une église romane

Une certaine austérité se dégage de l'église Saint-Vincent avec ses murs épais et ses éléments typiques de l'art roman.
Le chevet du bâtiment, orienté à l'est, est la partie la plus ancienne du monument. De forme semi-circulaire, il est percé de trois petites ouvertures, fenêtres dites « en plein cintre ». Au-delà du style roman, l'église se définit aussi par quelques éléments de fortification. Au sud, accolée au clocher, se trouve une tourelle de forme polygonale, percée de meurtrières (ou archères). L'église en elle-même est située sur un petit monticule, à un point culminant de Tarnos.

Eglise du Bourg au début du XXème siècle
Eglise du Bourg au début du XXème siècle

L'intérieur

L'église se compose d'une nef centrale, surmontée d'une voûte en berceau, et de deux collatéraux. L'abside de chœur est datée du XIIIe siècle et les fresques qui l'ornent remontent au XVe siècle. À côté de ce chœur, une chapelle supérieur est surmontée d'une croisée d'ogives. Cet élément permet de dater cette partie de l'édifice du XVe siècle.

Enfin, le reste du décor et les différents éléments du mobilier religieux sont très modestes : les différents autels qui ornent l'église sont du XXe siècle ainsi que les vitraux (exécutés en 1918 et 1924) représentant Jeanne d'Arc, Notre-Dame de Buglose, saint Joseph, Notre-Dame de Lourdes et saint François d'Assise.

L'intérieur de l'église au début du XXème siècle.
L'intérieur de l'église au début du XXème siècle.

Le chœur

La fresque se compose en trois registres et représente vraisemblablement une scène du Jugement Dernier.
Elle a été découverte au début des années 70 lors de travaux de rénovation de l'église. Si son état est dégradé et des scènes sont lacunaires, elle a tout de même été inscrite à l'inventaire des monuments historiques en décembre 1971.