140 associations : une énergie qui rassemble

Interview croisée de nos élues : Aurélie Orduna, adjointe au Sport et aux Loisirs, et Élizabeth Mounier, adjointe à la Culture et à l’Émancipation

Aurélie ORDUNA,
adjointe au Sport et aux Loisirs

Élizabeth MOUNIER,
adjointe à la Culture et à l’Émancipation

Comment définiriez-vous le tissu associatif tarnosien ? A-t-il beaucoup évolué ces dernières années ?

Aurélie ORDUNA : Le tissu associatif tarnosien, dense et varié, comme on le retrouve dans beaucoup de communes landaises, se distingue vraiment par la force de l’engagement des bénévoles et des responsables associatifs. Ici, cet engagement est particulier, très attaché à la promotion et la préservation d’un mode de vie tarnosien, qui fait la part belle au sport, à la culture, à l’ouverture et aux rencontres. La vitalité associative de Tarnos demeure une constante forte de l’identité de notre commune.
Cela n’empêche pas l’offre associative d’évoluer en s’adaptant aux nouvelles attentes des habitants et aux transformations de notre société. On voit apparaître de nouvelles pratiques sportives, plus ludiques, qui s’adressent à des publics plus larges, moins attirés par la compétition. Les associations proposent, en ce sens, des formats plus souples et plus accessibles, avec par exemple des pratiques mixtes ou des offres « baby » pour accueillir les plus jeunes dès 3 / 4 ans.

Élizabeth MOUNIER : Le tissu associatif Tarnosien est dense, riche et varié. Au niveau culturel, les propositions couvrent une large palette, et ce pour toutes les classes d’âge. Les associations restent dans l’ensemble les mêmes, cependant, tous les ans des nouvelles propositions nous sont faites. Les plus grandes associations diversifient aussi leurs sections et/ou activités, afin de s’adapter aux demandes des futurs adhérents.


Diriez-vous que les associations sont de véritables partenaires de la Ville ? En quoi ?

Aurélie ORDUNA : Oui, pleinement. Les associations sont les principales animatrices de la vie locale. Elles créent des rencontres, favorisent le lien social et permettent aux habitants de pratiquer une activité, de développer des compétences, de découvrir de nouvelles disciplines ou de s’engager au service des autres.
Elles contribuent aux parcours éducatifs, citoyens, culturels des habitants en complétant l’offre municipale. Elles sont de véritables partenaires dans la construction des politiques locales et dans l’amélioration du quotidien des Tarnosiennes et des Tarnosiens. Les services échangent en ce sens quotidiennement avec elles, leurs dirigeants, leurs équipes…

Élizabeth MOUNIER : Ce sont de vrais partenaires, elles proposent des activités, des ateliers, des loisirs que la ville seule ne pourrait proposer. Elles sont des partenaires de lien social, de la vie publique locale. Elles organisent des manifestations, des expositions, elles réunissent les habitants et sont un lien entre les habitants et la municipalité.

Je tiens d’ailleurs à leur rendre hommage et à les remercier pour ce beau et difficile rôle.


Les femmes sont très présentes dans les associations. Selon le dernier sondage France Bénévolat, 51 % des personnes engagées bénévolement sont des femmes, mais seulement 35 % d’entre elles sont présidentes d’association. Connaît-on une situation similaire à Tarnos ? Comment expliquez-vous que les femmes n’aient pas davantage de responsabilités ?

Aurélie ORDUNA : La situation nationale s’explique notamment par la persistance d’inégalités dans la répartition de genre du temps familial et domestique, mais également par des discriminations ou des représentations liées au sexe qui peuvent encore freiner l’accès des femmes aux fonctions dirigeantes.
À l’échelle de Tarnos, nous ne disposons pas aujourd’hui de données suffisamment précises. Cette absence de chiffres constitue déjà, en elle-même, une indication : nous devons renforcer notre observation et notre attention sur les questions de mixité et de partage des responsabilités au sein des associations.
À Tarnos, il faut tout de même noter que les deux élues municipales en charge de la vie associative à travers la culture et le sport sont des femmes. C’est un signal positif, mais cela ne dispense pas d’agir pour que les responsabilités associatives soient accessibles à toutes et à tous.

Élizabeth MOUNIER : Beaucoup de femmes sont engagées dans les associations culturelles et sociales Tarnosiennes et nous pouvons dénombrer un nombre encourageant de Présidentes, d’association ou de sections dans les associations les plus grandes. Par exemple : CCSBT, ALTB, Le Cercle Des Amis De L’Art, Ermend Bonnal, Les deux associations de Batucada, La Fournaise, Le Comité Des Fêtes, Les deux associations du 3e âge, et je ne les cite pas tous.
Il est difficile pour les femmes de s’engager quand ces dernières ont un emploi, une famille, des enfants, et souvent ensuite des parents âgés à accompagner.
Nous constatons quand même qu’à Tarnos, les femmes s’engagent, certaines de nos aînées ont pu démontrer que c’était possible et je m’en réjouis.


Beaucoup d’associations fonctionnent grâce à l’implication des seniors, qui sont plus disponibles. Pour autant, est-il plus difficile de mobiliser les actifs et les jeunes qui auraient envie de s’engager ?

Aurélie ORDUNA : Les actifs et les jeunes ont automatiquement moins de temps avec les études, le travail, la vie de famille… Leur manière de s’engager a aussi changé : sur du plus ponctuel, sur des projets précis. De la même manière que nous faisons plus rarement toute notre carrière au sein de la même entreprise, il est aujourd’hui plus rare de voir des engagements de plusieurs dizaines d’années au sein d’une même association. Cela à tout autant de valeur ! Il y a de nombreuses façons d’être bénévole. Et puis, disons-le, il peut arriver que, parfois, les “anciens” ou « dirigeants historiques » aient un peu de mal à lâcher la main… ou à faire totalement confiance à la jeunesse ! Mais c’est aussi ce qui fait la richesse des associations : ce dialogue entre générations.

Élizabeth MOUNIER : Oui, mobiliser les jeunes et les actifs dans une forme classique d’engagement bénévole est aujourd’hui un défi majeur pour les associations. Elles le font régulièrement remarquer. Il y a un manque de temps évident, mais aussi peut être un désir d’une forme d’engagement plus ponctuelle, moins marquée dans le temps, avec moins de présence sur le terrain mais sur des aides plus flexibles.


L’association Tarnos Solid’action est la preuve que l’on peut s’engager et porter des projets solidaires dès le plus jeune âge. Comment la Ville pourrait-elle accompagner d’autres jeunes pour qu’ils puissent s’investir davantage sur la commune ?

Aurélie ORDUNA : L’association Tarnos Solid’action prouve qu’on peut s’engager très tôt et transformer ses idées en actions solidaires. La Ville veut encourager cette énergie en aidant les jeunes à découvrir l’engagement, rencontrer les associations et développer leurs propres projets. Plusieurs dispositifs existent déjà pour les soutenir :
« Sac à Dos » (Région Nouvelle-Aquitaine) permet aux jeunes d’élaborer et financer leurs vacances en autonomie et valorise les compétences acquises, utiles pour Parcoursup ou un futur projet pro.
« Pack XL Mobilité » (Département des Landes) propose une aide financière pour le permis de conduire, en échange d’un engagement bénévole dans des structures publiques ou privées.
« Landes Imaginactions » finance des projets imaginés et portés par les jeunes landais.

Élizabeth MOUNIER : Déjà leur montrer et leur démontrer que c’est possible, que l’engagement associatif est source d’enrichissement personnel et une belle expérience. Pour que naisse l’envie, associer les plus jeunes à la vie de la cité pourrait être une voie. Les jeunes bénéficiaires d’activités dans les associations pourraient aussi être plus associés, en les faisant entrer dans les CA par exemple ( déverrouiller l’exécutif) ou en leur offrant un possibilité d’engagement à hauteur de leurs disponibilités.


La Ville soutient les associations en mettant à leur disposition des équipements, du matériel et leur octroie plus de 530 000 euros de subventions. C’est un budget conséquent pour la commune, mais indispensable à la survie de certaines associations ?

Aurélie ORDUNA : Oui, c’est un effort budgétaire conséquent, mais c’est avant tout un choix politique assumé. Les associations remplissent des missions essentielles pour la cohésion sociale, l’accès équitable au sport et à la culture, l’animation de notre territoire. Pour certaines structures, le soutien municipal est effectivement indispensable à la poursuite de leurs activités. Il l’est d’autant plus dans un contexte de diminution ou de fragilisation de certains financements publics nationaux.
Le soutien de la Ville va au-delà. Plusieurs services sont mobilisés pour accompagner les associations dans leur fonctionnement quotidien ou la construction et la mise en œuvre de projets particuliers. Un important travail quotidien est également réalisé pour mettre à disposition les équipements sportifs et socio-culturels, les nettoyer, les entretenir. C’est un vrai service public « Vie associative » qui est à l’œuvre.

Élizabeth MOUNIER : C’est un budget conséquent, et je tiens à préciser que nous l’avons toujours maintenue et jamais revu à la baisse malgré les difficultés budgétaires ! C’est bien évidemment indispensable pour la pérennité des associations.
Les associations tarnosiennes, fonctionnent grâce aux cotisations (les tarifs sont bas afin de garder une politique de culture pour tous et d’accès aux activités pour tous), grâce aux différentes manifestations afin de récolter des fonds et bien évidemment grâce aux subventions.
Cela rejoint la deuxième question, les associations et la commune sont partenaires.


Prochain Rendez-vous : Le Forum des Associations

Samedi 5 Septembre de 10h à 12h30 au Gymnase Léo Lagrange

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